ITyPA, un Mooc vu dans les coulisses

ou comment s'est monté ce Mooc

Écrire, disent-ils

34 Commentaires

Une des premières consignes que nous avons données aux participants sur ITYPA fut d’ouvrir un blog. Et nous avons réalisé ensuite que cette démarche n’avait rien d’évident,  ni même d’attirant, pour nombre d’entre eux. Avec cette injonction, nous avions un double objectif :

- A court terme, que les participants laissent des traces de leurs apprentissages en cours. Dans la mesure où il s’agit d’une démarche d’apprentissage par l’action, il nous semblait naturel de passer par la création d’un espace de publication rendant compte des réflexions, échanges, acquis, etc. au fil des semaines.

- A moyen terme, que les participants investissent l’espace public du web, non seulement comme consommateurs, mais aussi comme producteurs, sur les sujets qui les passionnent.

Dans les deux cas, la démarche nous semblait non seulement cohérente mais aussi quasiment incontournable dans l’optique de la construction ou du renforcement d’un espace d’apprentissage personnel. Apprendre en effet est à nos yeux une démarche d’appropriation des apports par leur transformation et leur intégration à des productions personnelles. Nous avons donc demandé aux participants de s’engager dans la rédaction de billets de blogs, ces derniers témoignant à la fois de l’apprentissage actif en cours et enrichissant la somme globale de connaissances disponibles sur le web.

Écrire pour laisser des traces de son apprentissage

Ayant nous-mêmes déjà accompli cette démarche avec plus ou moins d’intensité et de diversité dans nos propres publications, nous avons totalement sous-estimé les réserves de nombreuses personnes face à l’acte de publication en ligne, accessible à tous. Certes, une centaine de participants au Mooc ITYPA (et ce nombre continue de croître) se sont lancés dans la rédaction de billets de blog à l’occasion de ce cours. Certains d’entre eux avaient déjà une longue habitude de la publication en ligne. D’autres ont découvert cette activité avec ITYPA. Nous ne les remercierons jamais assez d’avoir joué le jeu avec nous (le présent espace de publication des animateurs étant à considérer comme le pendant de ceux qu’ont ouverts les participants) et de nous donner à voir la progression de leurs apprentissages.

Mais beaucoup de participants ne se sont pas lancés dans l’aventure de la publication ouverte à tous. Et nous ne saurions les en blâmer. Car l’ouverture d’un blog et la rédaction régulière de billets n’ont pas été présentées comme ce qu’elles sont réellement (des traces visibles de l’apprentissage en cours), mais interprétées comme un « standard » d’internaute performant. Ce qui est faux.

Bien sûr, l’écrit est omniprésent sur le web. Quand je pense que voici quelques années encore, certains prédisaient qu’Internet allait tuer l’écriture et la lecture ! Quelle erreur !

Bien sûr également, l’activité méta-réflexive est un puissant accélérateur de l’apprentissage. La rédaction est un moyen intéressant de garder des traces de cette méta-réflexion.

Écrire : pas n’importe où, et pas obligatoirement

Mais face à ces constats, nous en faisons actuellement beaucoup d’autres, qui méritent d’être repris ici.

- Certaines personnes ne sont pas du tout à l’aise avec l’exposition publique sur le web. Nous avons eu dans le cadre d’ITYPA de fort intéressantes discussions sur l’e-réputation et l’identité numérique. Clairement, ces personnes estiment qu’apprendre à bâtir un espace d’apprentissage personnel ne doit pas les contraindre à faire quelque chose avec lequel elles ne sont pas à l’aise, à savoir tenir le journal public de leurs apprentissages. Ces personnes en revanche contribuent volontiers aux forums proposés sur le site du cours. ce qui montre bien que ce n’est pas le fait d’écrire en ligne qui pose question, mais le fait d’écrire publiquement.

- Certaines personnes estiment n’avoir rien d’intéressant à dire. Pourquoi pas ? Le web regorge en effet de publications peu intéressantes, qui ne témoignent que du narcissisme de leurs auteurs, voire d’un goût plutôt malsain de l’exhibitionnisme. Ce n’est donc pas la peine d’en rajouter une couche et si on n’a pas encore trouvé ce qui, dans ses propres expériences d’apprentissage, mérite d’être partagé, le choix de se taire est plutôt à saluer qu’à critiquer.

- Certaines personnes préfèrent commenter les  billets des autres plutôt qu’écrire les leurs. Oui, bien sûr, le commentaire est un élément crucial de la publication en ligne, et la somme des commentaires sous un billet enrichit considérablement la production initiale.

- Certaines personnes n’aiment pas écrire. Pourquoi alors demander cet effort supplémentaire dans un dispositif d’apprentissage qui a l’ambition d’être très ouvert dans les rythmes et les modalités d’apprentissage, mais aussi dans les témoignages de ces apprentissages, dans leurs traces ?

Et puis, cette injonction à la rédaction publique dès la première semaine a provoqué un effet inattendu : nombre de participants ont oublié le sujet du cours (construire son espace d’apprentissage personnel) et se concentrent exclusivement sur « l’apprendre à apprendre », la manière dont ils comprennent chacun des sujets abordés dans le cours et dont ils apprécient ce nouveau dispositif de cours (le format Mooc). Ce qui est certes important, mais ne devait pas à mes yeux du moins phagocyter toute la production écrite des participants : j’ai vu très, très peu de publications sur les sujets que les participants souhaitent approfondir, justement en construisant ou en renforçant leur espace d’apprentissage. Je m’attendais à voir se constituer des espaces ressources sur des sujets aussi variés que la planche à voile, le dessin, l’économie des pays d’Afrique sub-saharienne, que sais-je encore, bref, sur une foule de thématiques qui toutes auraient profité des habiletés méthodologiques acquises par leurs « curateurs » au travers du Mooc.

Propositions pour un prochain Mooc

Le phénomène est tellement flagrant qu’il trouve nécessairement sa cause dans ce que nous, animateurs, avons mis en place en matière de consignes et de structuration du cours. En fait, nous avons très maladroitement présenté les attendus et objectifs du cours. Si c’était à refaire (et ça le sera, très certainement), voilà ce que je dirais aujourd’hui :

- Voici un cours méthodologique qui vous invite à réfléchir sur vos propres stratégies de prise en charge de votre formation avec les outils numériques, et à vous faire expérimenter la construction d’un environnement d’apprentissage personnel sur le sujet de votre choix.

- Pour construire cet environnement, vous développerez des compétences et habiletés spécifiques qui vous permettront de tirer le meilleur parti de la recherche documentaire, de l’apprentissage en groupe, de l’utilisation des réseaux sociaux pour apprendre, etc.

- Vous êtes libres de suivre le cours à votre rythme, d’explorer la totalité ou une partie seulement des sujets proposés. En revanche, le dispositif d’apprentissage mis en place s’appuie sur deux éléments essentiels :

- Les échanges entre les participants, qui stimulent la réflexion de chacun, permettent de dépasser des difficultés ponctuelles, fournissent une rétroaction sur les productions… Vous êtes donc vivement invité à participer à ces échanges, par le biais des forums et dans les espaces de production mis en place par chacun.

- Les traces visibles de la progression de votre apprentissage, et donc de la mise en place de votre environnement d’apprentissage personnel. Vous n’aurez pas de « devoirs à rendre » ou d’exercices à faire, mais nous vous demandons en revanche de nous indiquer l’espace dans lequel vous partagerez vos découvertes, questionnements, prises de position… à la fois sur votre apprentissage et sur le sujet que vous souhaitez approfondir.

Et je proposerais :

- Les forums du site du cours pour les traces de l’apprentissage;

- L’espace public du web pour les écosystèmes sur les sujets intéressant les participants.

Au centre de cet écosystème, il pourrait y avoir un blog effectivement, un espace de curation (Scoop It, Pearltrees, ou autre), un site de signets, un réseau social… l’essentiel étant de montrer comment cet élément principal est relié et alimenté par les autres.

Ce dispositif me semblerait plus respectueux des particularités et choix de chacun. Et en définitive, il augmenterait effectivement la somme et l’organisation des connaissances disponibles sur une foule de sujets, grâce à des espaces ouverts à tous, mais permettrait à ceux qui n’ont tout simplement pas envie de partager leur processus d’apprentissage avec la terre entière de le faire avec leurs pairs, dans un espace dédié.

Et pourquoi pas dès maintenant ?

Au fait. Il n’est sans doute pas trop tard. J’invite tous ceux qui n’ont pas encore ouvert d’espace public à le faire, non en traitant du Mooc ou de la manière dont ils apprennent, mais sur ce qui les passionne : les abeilles, les gâteaux au chocolat, la diplomatie, le développement durable… En n’oubliant pas de nous communiquer les fils RSS de tout ça, pour que nous ayons le plaisir de profiter au mieux de tout ce que vous aurez ainsi préparé. Et je salue ceux qui ont déjà ouvert de tels espaces. Cherchez bien, vous les trouverez !

Photo : http://www.flickr.com/photos/totordenamur/4779973311/

Auteur : Christine Vaufrey

Consultante en digital learning et MOOCs, je veille, surveille et expérimente toutes les formes d'apprentissage en ligne.

34 réflexions sur “Écrire, disent-ils

  1. Bonjour Christine

    Comme l’ensemble de tes prise de position, tes écrits et cet article en particulier et très intéressant et j’y adhère complétement. Je trouve que c’est une très bonne idée de créer un site (ou système similaire) qui soit le point d’ancrage des productions des participants sur leurs apprentissages et leurs passions. Il permettrait à ceux qui se sentent noyés voir paralysés par toute cette profusion de « production » que génère le MOOC ITyPA, de se raccrocher à la barque voir même à prendre les rames, grâce à ce point d’entrée (le site) qui faciliterait la navigation dans le MOOC.

    Olivier

    P.S. : si je peux me permettre un critique sur ton article, c’est sur sa « forme »… Je pense que pour des articles très riches comme le tien et assez long… il est bon de soigner la mise en page et ne pas se limiter à coller les phrases les une à la suite des autres… Tout çà bien sur dans le but de ne pas rebuter le lecteur « lambda » qui risque d’être apeuré à la vision de tant de mots… Faire des paragraphes et mettre en gras les mots importants serait déjà un plus ;-)
    (voir mon article : « se former à l’écriture web » http://optla79.blogspot.fr/ )

    • Bonjour Olivier,

      Mon article était effectivement illisible, car toute la mise en page avait sauté lors de l’enregistrement ! Elle est désormais rétablie.

  2. Pingback: Écrire, disent-ils | #ITyPA MOOC | Scoop.it

  3. Bonjour Christine !
    Merci merci pour ce billet qui vient à point pour moi après mes petits échanges d’hier avec Gilles, Isabelle et Déborah ! (En plus, je tombe ce matin sur ce billet de Bruno Devauchelle qui revient sur ses pratiques d’écriture sur son blog depuis 15 ans : http://www.brunodevauchelle.com/blog/?p=1239 ). Je sens que mon cerveau est en train de réorganiser plein de choses, le côté participatif du web me saute aux yeux. Je ne sais pas encore ce que ça va donner, mais les lignes vont sûrement bouger…

    Merci encore
    Zaraki

    • Bonjour Zaraki,
      Merci de votre commentaire. Je vais me précipiter sur le billet de Bruno Devauchelle. Oui, le web a un potentiel participatif énorme, y compris pour la formation, mais trop peu d’institutions l’exploitent. Le transmissif reste la norme, malheureusement. Il me semble pourtant que les adultes (et je parle ici de la maturité qui accompagne l’âge adulte) disposent de l’autonomie nécessaire à la construction participative de leurs savoirs et savoir-faire… Affaire à suivre !

  4. Pingback: Un objectif d’apprentissage pointe son nez ? « MOOC Itypa ? Toi même !

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  6. Je trouvais que l’ITyPA allait déjà trop vite … Je ne vais pas pouvoir accéléré !
    Il y avait un avant MOOC avec mes tentatives de créer des blogs dont les échecs étaient essentiellement dus à un manque de réseau et un intérêt ou une motivation mal définis.
    Il y a un pendant le MOOC : j’expérimente, je comprends, je me noie, je réseaute, j’analyse, je commente, je publie, etc. J’apprends encore et toujours un peu plus chaque semaine, grâce à votre animation et aux pistes de réflexion que vous nous proposez.
    Il y aura un après MOOC que je dessine petit à petit et dont beaucoup de mooquitos seront, je l’espère, à la base de mon réseau d’apprentissage personnel.
    Bref, je compte glisser de l’ITyPA vers mon rap tout doucement pendant ces dix semaines. Mais je ne m’imagine pas commencer ce type de formation directement sur un espace « plus personnel ». Pas très clair … ce que j’écris …
    Si B Devauchelle se pose la question d’un retour réflexif après 15 ans de blog, je peux attendre encore quelques semaines :-)

  7. Merci..
    Ce « recadrage », me permet de reprendre un recul nécessaire sur les raisons de ma présence ici.

    Je remets de l’ordre dans mon esprit. J’ai réussi à passer le cap du silence et de sa passivité pour aller vers l’écriture (j’en dis un mot ici : http://le-id.fr/leid/), mais avec encore trop de sujets, de réflexions , d’idées que je voudrais confronter/partager..pour une production efficace ( pas d’objets de productions clairement définis–> moins de possibilités de rédactions claires et utile)

    Je vais me recentrer et tâcher d’éclaircir mes objectifs.

    Parmi les difficultés que je rencontre, il y a le simple fait de s’exposer…Je suis plutôt « impulsif » et ma maturité quant à la publication ne permet pas facilement de prendre le temps…j’écris, en brut, je publie…

    il en découle des fautes de grammaire…une syntaxe à revoir…et les idées sont sous ou mal développées.
    Bien que cette façon de faire soit aussi lié à l’hésitation …je me relis..je publie pas….

    Il y a beaucoup plus de complexité à l’acte d’écrire, au sens publier, qu ‘il n’y parait en premier lieu..et cela aussi est un de mes axes de réflexions.

    J’ai donc à apprendre cette temporisation qui permet une relecture efficace pour une rédaction plus juste autant que de dépasser les limites fixées par mon identité narcissique.

    Il y aussi la quantité affolante de choses à découvrir, associée à mon envie irrépressible d’apprendre encore et encore et qui fait que j’ai plusieurs objets d’apprentissages…Ce qui est potentiellement contre productif.

    Mais passons et restons à notre sujet. Je vais donc reprendre mon écriture sur mon blog crée à l’occasion de ce Mooc, et mon site (le-id.fr et le-id.org) j’utilise mon pseudo non pas par narcissisme..mais par identification..cela explique aussi ma timidité …
    mais il y encore beaucoup d’obstacles : faire le point sur tout ces outils découvert, sur mon apprentissage, le tri quant à mes objectifs, le dépassement de réticence intra-personnelle de timidité et de doute de soi..etc…

    Enfin, je dois répondre à ce type de questions : dois je me contenter de ce commentaire..trop bref et succinct par rapport à ce que je veux dire ou dois-je rédiger un billet mis en relation avec ce blog….et aussi comment je fais pour être visible..etc……

    voilà, ce commentaire est pour moi un acte 1er de mon exposition qui continue ma mue numérique. Serais-je à la hauteur? nous le verrons.

    Merci de ce recadrage.

  8. Christine,
    Votre analyse de l’évolution de ce MOOC est tout a fait pertinente et répond à une bonne partie des questions que je me posais.
    Je voulais faire part de quelques unes de mes réflexions .
    Pour ma part, je dois dire que je me suis concentrée sur l’objectif final (pour moi) me constituer mon espace d’apprentissage.
    La création du blog m’est apparue prématurée et j’ai préféré (j’en suis toujours là) approfondir les divers outils de recherche et d’organisation (merci de tous les conseils donnés) qui convenaient à mes besoins (qu’il a bien fallu que je précise).
    Le blog est pour moi l’étape ultime car il représente pour moi une telle « exposition » que je le veux « abouti ». Il ne sera jamais parfait, je le sais mais comme il a aussi des fins professionnelles, il est hors de question que « je me loupe ».
    Pour cette raison, je n’ai pas (encore) envie de « publier moi même, même si j’aime écrire. C’est beaucoup trop impliquant et je ne me sens pas suffisamment prête. Tenir un blog, cela veut dire l’alimenter régulièrement… et par autre chose que des flux RSS venant de toutes parts (même sur des sujets ciblés) sinon ce n’est pas la peine.
    Par contre faire part de mon avis, échanger avec les autres, apprendre d’eux, montrer mes centres d’intérêt ( j’ai découvert Netvibes et Pearltrees), partager est une activité et une expérience d’une richesse inouïe (merci) et cela je le fais facilement dans des forums à usage plus restreint par une communauté qui partage (pour un temps) le même objectif.
    Ma perception rejoint les propositions d’autre MOOC (Pourquoi pas d’évolution de celui-ci) que vous faites.
    Dans tous les cas, un grand merci pour cette expérience enrichissante et bravo pour tout ce que vous faites.
    Colette

    • Bonjour Colette,

      Merci pour votre message, qui me montre que la réflexion engagée avec ce billet rejoint les préoccupations des participants, de certains d’entre eux au moins.
      J’adhère complètement à votre démarche. Il y a bien deux espaces distincts d’expression : celui du cours d’une part, celui du web public d’autre part. Henri Boudreault, enseignant en formation des adultes à l’UQAM, dit que l’espace de formation est celui où on a « le droit à l’erreur ». L’erreur étant évidemment comprise comme formatrice, comme une étape cruciale de l’apprentissage. J’ajouterai que l’espace de formation est aussi celui de l’interaction serrée entre les participants, de la découverte et de l’expérimentation. Si vous tentez quelque chose, dites-le. Si cette expérience ne fonctionne pas, dites-le aussi et sentez-vous libre de l’abandonner pour partir dans d’autres voies.
      En revanche, l’espace public est celui de l’affirmation. Cela ne signifie pas nécessairement que tout doit être parfait dans cet espace. Mais à mon sens on doit au minimum pouvoir y faire preuve d’une réflexion structurée et d’une démarche lisible. D’où la difficulté de tenir des blogs ou autres espaces de publication dans la durée. J’ai beaucoup appris en observant et analysant ce qui se donne à voir sur les blogs d’étudiants, lorsqu’un enseignant les encourage à publier dans l’espace public. Ces blogs généralement ne durent pas. La publication sur ce support se rapproche de toute autre publication prescrite, et s’interrompt donc à la fin du cours (ou même en cours de route). C’est bien entendu une possibilité offerte par le web. Mais cela contribue aussi à l’infopollution, d’une certaine manière, moins à cause de l’inaboutissement des propos qui y sont tenus (work in progress généralement) qu’à cause du manque de constance dans la durée. J’ai, voici quelques mois, écrit un article sur le sujet : https://cursus.edu/dossiers-articles/articles/18142/qualite-regularite-duree-les-etudiants-decouvrent/
      En tant que rédactrice en chef de Thot Cursus, je connais bien ce souci de la qualité, d’une qualité suffisante pour prolonger la durée de vie des articles au-delà de quelques jours ou semaines. Cela ne s’improvise pas, mais s’apprend sans problème.
      Internet offre aujourd’hui une large panoplie d’espaces d’échanges et d’expression, avec la possibilité de cibler la manière dont chacun veut contribuer à l’organisation de l’information et de la connaissance. je vois que vous avez ouvert un portail sur Netvibes. Voici une excellente manière de contribuer à l’oeuvre commune et de vous rendre utile aux autres participants.
      Il n’y a donc pas de prescription sur l’ouverture et l’animation d’un blog. J’ajouterais même que la diversité des espaces d’expression et de collaboration a redonné au blog sa juste valeur. Certains sont parfaitement prêts à investir cet espace. D’autres le feront plus tard, ou jamais. Dans tous les cas, l’essentiel est que l’apprentissage se poursuive.

      • Cette réponse m’interpelle : je n’avais pas, jusqu’à présent, blogué. J’ai ouvert un espace pour le MOOC, par curiosité, pour jouer le jeu. Je ne sais pas du tout si je continuerai d’y publier des billets après cette expérience – et du coup, me voilà « pollueuse » du web. Pourtant, j’ai apprécié l’interactivité, propulsée il vrai par la communauté ITyPA. Me reste pourtant un sentiment de solitude – où sont les partages, les collaborations, les thèmes qui regroupent ? Manque d’attention ou de persévérance de ma part, sans doute – ou tout simplement d’habileté ! Quoi qu’il en soit, c’est bien intéressant, et merci à toute l’équipe de nous avoir offert ça.

  9. J’ai lu cet article en suivant son lien depuis la lettre du 29/10.
    Le MOOC m’intéresse, je suis vraiment contente d’y participer, et comme vous au fil des semaines, des sujets et de mes réflexions, j’y évolue.
    Je ne pense pas que ma « participation » se limitera dans le temps défini des 10 semaines. La seule contrainte que je me donne, c’est de regarder la vision conférence au plus tard le dimanche suivant, pour garder un fil et un rythme. Pour le reste, j’en suis encore à explorer les outils (par ex. premier contact sur diigo hier soir), je réfléchis informellement sur une future organisation de mon auto-formation, pour la conduire plutôt que de glaner des sources et des opportunités de façon anarchiques, je liste des sujets qui m’interpellent ou m’intéressent, des idées de sujets d’articles à écrire sur l’un ou l’autre de mes blogs. Je m’interroge aussi sur mes réseaux sociaux. Etc. Le laps d’une semaine par « sujet » est trop restrictif. D’autant qu’on n’a jamais fini d’apprendre, n’est-ce-pas ? ^^
    Je suis donc tout à fait heureuse du « Au fait » du dernier paragraphe, car en avançant dans la lecture de l’article, je me disait « En fait, je pars plutôt dans l’optique de cette nouvelle description du MOOC ». Et donc voilà, merci mesdames messieurs les professeurs de nous autoriser l’école buissonnière.

    Internet, tout y est pour apprendre, puisqu’internet, c’est vous et nous. Je joue le jeu d’ITyPA mais j’y joue aussi selon mes règles à moi.

  10. (Je réécris mon commentaire car le premier est passé à la trappe je crois.)

    Je suis soulagée de lire ce post. Je commençais à pester contre le manque de diversité des sujets des blogs ITyPiens. En entrant dans l’aventure, je m’attendais à trouver des blogs sur les multiples centres d’intérêt de tout le monde. Je serais tombée forcément sur des sujets qui me correspondaient, et surtout sur des sujets que je n’imaginais même pas ! Du coup, j’avais l’impression d’être à contre-courant du MOOC, à écrire mon petit blog sans rapport avec l’e-learning (mais bénéficiant tout de même de l’apprentissage technique d’ITyPA sur les blogs) et à en attendre autant des autres participants.

    Merci donc de nous rappeler que l’e-learning ne doit pas obligatoirement constituer tout le contenu du MOOC. J’espère qu’un maximum de participants vous liront et produiront de toutes les couleurs ! Et j’en profite quand même pour vous donner l’adresse de mon blog: http://www.du-vert.blogspot.fr

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  14. Reblogged this on ITyPA and commented:
    En fait j’ai l’impression pas grand monde (en tous cas pas moi) est allé dans la direction voulue : trouver un thème > élaborer une stratégie de recherche sur ce thème > En fournir une trace, faire la démonstration de la coordination des différents outils > confronter celles-ci à la méthodologie développée lors des séances du MOOC.

    • Plouf, j’ai plongé et posé mes mes filets et mes lignes. Le thème est venu à moi, je m’en suis saisie.
      Mais finalement, maintenant, je ne sais plus vraiment si je suis encore dans le MOOC …

      • Le taux d’abandon de MOOC est extrèmement élevé, les animateurs de celui-ci sont certainement au courant. Maintenant partir avec l’impression et même la quasi certitude d’avoir mal démarré, rajoute un handicap supplémentaire. Insurmontable?

      • Bonjour Pierre,

        Si nous n’avions pas démarré, nous n’aurions jamais eu d’idées pour nous améliorer :-) Je ne crains pas l’erreur, ni même l’échec d’une certaine manière, tant que ce n’est qu’une étape sur la route.
        Et je ne crois absolument pas que ce Mooc soit un échec. Nous avons maintenant de nombreux éléments qui nous prouvent qu’une part significative des participants y réalise un apprentissage de grande valeur, sous une forme totalement nouvelle. Certes, le taux d’abandon est sans doute très important, encore que la notion-même d’abandon soit ici à relativiser : nous ne sommes pas dans une compétition sportive ni même dans un engagement public, tout juste dans une sorte de défi personnel, ou même une simple curiosité. Ceci mérite un billet en soi :-)
        Ma réflexion sur la place de l’écriture publique répond à celle qui a été largement engagée par les participants eux-mêmes. Je me dis que lorsque ce sera à refaire, je ferai autrement sur ce sujet, notamment au niveau de la formulation des consignes de démarrage. Mais je ne jette pas du tut le bébé avec l’eau du bain, ITYPA est extrêmement intéressant, même avec des consignes imparfaites ! D’ailleurs, ce sujet des consignes est largement sous-évalué en ingénierie pédagogique, et je suis ravie du fait qu’il réapparaisse dans un dispositif aussi original qu’ITYPA.

      • Bonjour Christine,
        Ce MOOC n’est pas un échec du fait qu’il y a un réel engagement d’un certain nombre, qu’un certain nombre s’étant (re)mis à bloguer. Ce n’est pas non plus un échec du fait qu’ici même vous effectuez un retour sur l’avancement. L’indifférence, tant des participants que de la part des animateurs, eut été à craindre, bien plus que les commentaires négatifs.
        Et maintenant, fort de ce constat, que peut-il être fait? That’s the question.
        Pascal [mais je peux m'appeler Pierre si vous voulez ;-) ]

  15. Bonsoir tout le monde, et Christine en premier lieu…
    Tous ce que je viens de lire m’apporte beaucoup ! Pour l’apprenant que je suis au sein de ce Mooc comme pour le formateur que je suis.
    J’ai beaucoup de gratitude pour ITyPA qui m’oblige à remettre en question ce que je pensais évident, à tous les niveaux. Et le billet de Christine et les commentaires qui suivent sont plein d’enseignements.
    Les échanges que j’ai pu avoir avec plusieurs autres apprenants du Mooc ont toujours été productifs : décapage de certitudes, découvertes de points de vue, d’outils, de personnalités…
    Dans ce qui est écrit plus haut, je retiens entre autres que j’ai mal lu les termes du Mooc dès le départ, comme Pascal l’a noté.
    J’ai foncé sur le thème « apprendre à apprendre avec le net » mais pas sur ce que je copie-colle ici :
    « Expérimenter la construction d’un environnement d’apprentissage personnel sur le sujet de mon choix. …Ouvrir un espace public non en traitant du Mooc ou de la manière dont j’ apprends, mais sur ce qui me passionne : les abeilles, les gâteaux au chocolat, la diplomatie, le développement durable… »
    Est-il trop tard pour corriger le tir ? on va voir :-)
    Merci pour vos écrits et pour les échanges :-)
    Gilles

  16. Bonjour Christine,

    Je ne suis pas surpris qu’on passe autant de temps sur des notions comme ‘apprendre à apprendre’ ou sur le ‘Mooc’ en lui-même. C’est passionnant de pouvoir réfléchir et agir sur ce qui constitue au final le cadre même de nos réflexion et action (et surtout si rare !). Les sujets plus thématiques arriveront à mon avis en leur temps.
    Mais pour l’instant je crois que nous sommes tellement enthousiastes de participer à ce Mooc que c’est le thème de conversation et de préoccupation n°1. Sans compter bien naturellement qu’il nous faut un temps de maturation pour comprendre et assimiler la logique, l’esprit et les outils proposés. On voit d’ailleurs bien, à travers les différents échanges dont ceux que vous avez cités, toute la complexité des notions que ce Mooc met à jour.

    La question du blog est en effet centrale. Publier engage, même si on se veut confiant sur la bienveillance de nos pairs. La publication d’un billet demande donc un temps certain de préparation et de maturation… qu’il faut trouver entre le boulot, les trajets, la fatigue, les enfants, les engagements, etc… bref la vie. Et le rythme ITyPAïen est plutôt soutenu… ! Nous le subissons, même si dans l’esprit du Mooc il ne s’impose pas à nous….
    Pour moi c’est ici la principale difficulté que je dois gérer, non sans peine…

    Je me joins à Colette pour vous remercier et vous féliciter pour cette expérience que je trouve très réussie !!

    • Bonjour Mathias,

      Merci de vos compliments !
      Et effectivement, je crois que vous avez raison, le sentiment de participer à quelque chose de pas tout à fait ordinaire influence sans doute les conversations et échanges entre participants. Ceci dit, cette semaine, nous allons nous pencher plus précisément sur les objectifs d’apprentissage et au-delà de l’intérêt de reconsidérer ses stratégies d’apprentissage en intégrant un Mooc, il y en a certainement d’autres. En tout cas, j’espère :-)
      Le rythme d’un ITYPAïen est soutenu : j’adore :-)

      A très bientôt, Christine

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  20. Bonjour Pascal,

    Je ne sais pas pourquoi je vous appelle Pierre, désolée ! Je suis bien de votre avis, ce Mooc n’est pas un échec, pas du tout. Et ce qui se passe ici, dans les coulisses, en est aussi une manifestation, dans la mesure où ce blog conserve quelques traces du « work in progress ». La conversation sur ce Mooc me ravit, autant sur les forums qu’ici, ou dans les blogs des participants. Mais ne perdons pas de vue l’articulation entre apprendre (à apprendre, éventuellement) et l’application de cet apprentissage. A quoi sert tout ce que j’ai appris ? Lisais-je hier soir sur le forum. C’est la question essentielle. Mais on peut se donner du temps pour y répondre, savourer le plaisir d’apprendre, de sentir sa tête fonctionner, de rencontrer des gens qui partagent ce plaisir.

  21. Bonjour Christine, et à tous ceux qui ont commenté l’article.

    Comme le fait remarquer Pascal, j’ai lu trop vite les consignes et objectifs généraux. Comme d’autres je crois, je me suis jeté avec gourmandise sur le « apprendre à apprendre avec Internet », ce qui est en soi passionnant, mais j’ai oublié de traiter un projet précis, ce qui aurait rendu mes productions d’apprentissage plus concrètes, utiles, plus utilisables pour d’autres.

    Echec, ce C-MOOC ? Je ne trouve pas.
    J’imagine qu’il y a en gros 150 personnes qui participent plus ou moins activement au MOOC ITyPA, et beaucoup de gens qui étaient « venus voir », parce que le phénomène des MOOC est nouveau, parce qu’on a envie de comprendre, parce que l’inscription est gratuite et non contraignante. Et venir voir est légitime, point barre…
    Les formations à distance sont sujettes aux départs de participants, je peux en témoigner, et pourtant les stagiaires de celles que j’ai animées étaient rémunérés, et ils étaient moins de 20 !!! Ici, c’est « libre »(on part quand on veut) et le nombre très important rend le tutorat individuel impossible.

    150 personnes qui échangent, partagent, apprennent, c’est déjà un succès !
    …ça ne permet pas de définir un modèle économique viable pour des MOOCs français, mais l’expérience ne le visait pas, je pense, et l’expérimentation est utile pour le prochain projet …je suis certain que vous en avez un en tête :-)

    Et si j’en crois les échanges, c’est un peu une révolution qui s’opère dans la tête de pas mal de participants : travailler en ligne à plusieurs, rencontrer des personnes, découvrir tous les jours, collaborer en écriture, utiliser de nouveaux outils, écrire, écrire, partager, être lu, mieux se comprendre soi-même…
    Rien que ça, c’est un résultat important ! Entre autres parce que c’est le genre de découverte qui est « disséminée » ensuite autour de ceux qui la vivent.
    Investir le web2.0 a été pour moi un grand moment il y a quelques années. C’est toujours aussi passionnant parce que ce Web2.0 s’invente tous les jours.
    Ce Mooc ITyPA me fait vivre à nouveau de façon intensive cette aventure d’apprendre à plusieurs, celle de l’intelligence collaborative, celle du décapage de neurones, celle des rencontres au sein de communautés de pratique… Quel pied !

    Merci Christine et merci à l’équipe du MOOC ITyPA !
    Un C-MOOC francphone existe, fonctionne, « opère », dissémine…
    Certains d’entre-nous participeront avec plaisir à d’autres MOOCs connectivistes.
    Bravo !

    • Ah oui Gilles, quel pied cette discussion permanente ! Autant sur l’apprendre que sur le faire… Il me semble aujourd’hui qu’un cMooc est un puissant outil de mobilisation. En échangeant, en s’entraidant, en apprenant les uns des autres, on crée une communauté qui se mobilise pour quelque chose. Dans notre cas, c’est « encore mieux utiliser les outils du web pour progresser ». cela n’empêche pas les projets individuels, bien au contraire, qui naissent aussi de la stimulation opérée par ce projet collectif. Un cMooc, c’est une version supplémentaire du « tous ensemble ». C’est une perspective qui donne envie de continuer, non ?

  22. Essais et erreurs

    Je partage tout à fait le point de vue de Christine concernant l’aspect formateur de l’erreur … qui ne devient un échec que si on n’en tire pas de leçons et j’apprécie tout particulièrement, chez les gens, cette aptitude à savoir se remettre en cause. C’est comme cela que l’on progresse.
    Au delà de ces considérations et des imperfections, ce MOOC a pour moi un intérêt fondamental : il conduit à se poser des questions et parce qu’il propose des pistes de réflexions et des outils il suscite la motivation grâce au facteur collaboratif. Ce dernier a été pour moi le plus enrichissant de cette expérience : Le plaisir de partager et de s’organiser pas seulement pour soi mais pour pouvoir donner. « On est ce que l’on donne ». Ma motivation s’en trouve renforcée.
    Je reconnais que je patauge un peu dans tous ces outils que je teste les uns après les autres, mais peu à peu je commence à mieux définir l’ensemble de ma problématique. C’est vrai que cela me fait un peu sortir des consignes initiales …. mais en fait n’était-ce pas le but : définir notre propre objectif pédagogique ?
    Étant à la retraite je dispose de mon temps comme je le veux pour mes activités professionnelles, mais ce n’est pas le cas de bon nombre d’entre vous qui pilotez ce MOOC, alors je ne vous redirai jamais assez merci et mon admiration de vous voir tous aussi disponibles sur tous les fronts avec autant de réactivité.
    Colette

  23. Pingback: Écrire, disent-ils - ITyPA, un Mooc vu dans les coulisses | cours de FLE | Scoop.it

  24. Pingback: Let’s Wikify ! / Wikifions ! « plerudulier

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