ITyPA, un Mooc vu dans les coulisses

ou comment s'est monté ce Mooc


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Non pas « Pourquoi ils partent ? » mais « Pourquoi ils restent ? »

3062160992_284af87a2aJe lis le message d’une participante à ITyPA 2, qui se présente ainsi :

« Je vous écris du Maroc où je travaille dans un service de formation à distance au sein du Ministère des Finances. Je suis chargée de la conception des cours en ligne ainsi que la gestion et suivi des apprenants. Un de nos gros problèmes est l’abandon et manque de motivation malgré des tentatives de solutions. Je participe donc à ce Mooc pour voir si cette expérience ne pourrait pas être tentée chez nous bien que je reste très sceptique (…)« .

Voilà un message qui m’interpelle, et je me suis empressée de répondre à cette participante, qui a mis en évidence quelque chose que l’on a tendance à occulter depuis la début de la vogue des Moocs : l’important taux d’abandon avant la fin du cours et le faible taux de participation aux activités (manque de motivation) sont des problèmes que l’on connaît depuis longtemps dans l’e-learning. Le battage médiatique lié aux Moocs et le changement d’échelle, tant pour le nmbre d’inscrits que pour le pourcentage de « décrocheurs » ont laissé penser que le faible taux d’achèvement était lié à ce dispositif spécifique de formation en ligne, mais il n’en est rien. L’e-learning pousse-bouton, celui dans lequel la seule interaction entre le participant (isolé, sans contact avec d’autres personnes) et la machine réside dans le fait de cliquer sur la flèche pour passer à la page suivante, connaît des taux d’abandon qui tournent autour de 80 %. Cet e-learning automatique existe encore, même si plus personne ne se fait d’illusion sur son efficacité. Et s’il existe encore dans les catalogues, c’est qu’il y a encore des gens pour acheter de tels modules, dans une logique d’obligation de moyens (montrer que l’on fait quelque chose pour mettre les connaissances à portée des étudiants, des salariés…) et non une obligation de résultats (ça ne sert à rien, mais on a fait notre devoir et on a dépensé nos sous).

Il existe heureusement des formes d’e-learning de bien meilleure qualité, qui parviennent à retenir les participants jusqu’au bout ou, du moins, plus longtemps. Le tutorat, la présence d’activités interactives plus intelligentes que le simple fait de cliquer sur une flèche et surtout, surtout la valorisation d’une communauté d’apprenants par le biais d’interactions diversifiées et bénéficiant d’un certain niveau de liberté (relâche du tracking cher au coeur des technopédagogues et des financeurs de formation mais tellement infantilisant) ont considérablement diminué les taux d’abandon, qui oscillent entre 15 et 40 %.

Tout ceci s’entend bien entendu dans un contexte peu contraignant pour l’apprenant. Il est bien évident que si vous avez payé (cher) pour votre formation en ligne et/ou si de la réussite de celle-ci dépend l’accès à un diplôme ou à une promotion professionnelle, vous serez plus enclin à aller jusqu’au bout que si vous vous êtes inscrit juste parce que vous avez vu de la lumière dans cette fenêtre-là de votre navigateur.

Dans la mesure où dans la plupart des cas aujourd’hui, la participation à un Mooc est un acte volontaire et non contraint, où aucun « contrat » ne lie le participant à l’institution qui dispense du cours, et où rien ne vient donc sanctionner un abandon en cours de route, la question de la persistance dans les Moocs me semble mal posée.

Il s’agit moins de savoir « Pourquoi tous ceux-ci abandonnent » que « Pourquoi ceux-là continuent jusqu’au bout ». Autrement dit, plutôt que de chercher les causes d’un échec qui n’en est pas un (sauf si l’on annonce que l’on va apporter l’éducation au monde entier, même pas peur), cherchons plutôt les raisons d’un incontestable succès : dans chaque Mooc, plusieurs centaines – milliers – dizaines de milliers de personnes suivent un programme d’étude dans son entier et en apprennent suffisamment pour obtenir le certificat de réussite, quand celui-ci existe.

En renversant l’interrogation, il ne s’agit pas seulement de voir le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide, de faire preuve d’optimiste ou d’appliquer la pensée positive. Il s’agit surtout de repérer ce qui fait le meilleur des dispositifs et de partager les bonnes pratiques, pour créer des Moocs de plus en plus efficaces et attractifs.

Puisqu’il y a quelques chercheurs en sciences de l’éducation qui observent (mais participent-ils ?) le Mooc ITyPA2, il serait intéressant qu’ils puissent apporter leur contribution à cette entreprise, comme les participants individuels qui ont pris la décision de suivre lTYPA, les groupes qui se sont inscrits, et nous-mêmes, les animateurs.

Pour ma part, je suis sûre qu’il y a quelque chose de puissamment motivant et intellectuellement stimulant dans la communauté des pairs, le fait que la communauté soit à la fois soutenante pour ses membres et toujours ouverte, accueillante. Une communauté dans un environnement porteur, à un moment bien identifié : il y a quelque chose ici.

Merci de laisser des commentaires si vous souhaitez contribuer à cette identification de bonnes pratiques, avec des exemples tirés d’ITyPA 2 ou d’autres cMOOCs de préférence.

Illustration : cc licensed ( BY NC SA ) flickr photo by Mohammed Marhoon


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ITyPA 2 : un MOOC et ses partenaires

large_3822736362Lors de la première édition d’ITyPA, nous avons constaté que de nombreuses personnes ne se satisfont pas d’un environnement d’apprentissage tout en ligne; nous-mêmes, dans la conception et l’animation du cours précisément consacré à cet objet, avons toujours souligné l’importance de la continuité entre le monde physique et le monde virtuel pour bénéficier d’un EAP riche et cohérent.

Pour ces raisons, nous avons souhaité lors de cette deuxième édition proposer la mise en place de partenariats permettant à des individus et des groupes inscrits à ITyPA de bénéficier d’un espace de travail et d’échange physique, pas trop loin de chez eux.

La problématique de l’isolement et du manque d’épaisseur, pourrait-on dire, de l’environnement virtuel d’apprentissage, est bien connue des praticiens de la formation en ligne, autant des éducateurs que des apprenants. Le sentiment de solitude, la faiblesse des contraintes externes structurantes (il suffit d’éteindre sa machine pour les faire disparaître et mettre de côté le projet d’apprentissage), le manque de spontanéité des interactions, qui doivent systématiquement être préparées sauf si l’on conserve ouverte une fenêtre de messagerie instantanée lors de l’étude, font que l’apprenant n’a pas systématiquement le sentiment d’être plongé dans l’apprentissage (comme on l’est dans une école, une université…), mais au contraire de devoir inlassablement ramener l’apprentissage à lui, comme un objet lointain difficile à attraper.

Un MOOC hybride pour ceux qui le souhaitent

Nous l’avons vu dans le billet précédent, pour améliorer ce cadre d’apprentissage, nous distribuerons désormais ITyPA sur une plateforme; mais la plateforme elle-même ne fait pas tout : il faut aussi ajouter des gens dans l’EAP, des gens avec lesquels échanger, mutualiser, construire. D’où l’idée très vite apparue de proposer à des établissements d’enseignement, de formation, d’accompagnement aux pratiques numériques, de se considérer comme des relais d’ITyPA, comme des refuges de montagne dans lesquels les randonneurs épuisés par une marche longue et exigeante trouvent un repas chaud, un endroit où poser leur sac de couchage et surtout des pairs avec lesquels échanger les bons plans, les nouvelles de la météo, et auprès desquels se reforme le courage et la volonté mis à mal par l’épreuve physique.

Refuge de la CharpouaUn établissement d’enseignement ne devrait-il pas être comme un refuge de montagne : un endroit dans lequel l’apprenant retrouve des forces, de l’envie et des ressources pour continuer, mais qui jamais ne constitue la fin du parcours et où personne ne va faire le travail à votre place.

Alors que nous étions en train de réfléchir à la manière de présenter cette proposition de partenariats, nous avons été contactés par Benoît Tostain d’une part, François Duport de l’autre. Tous deux animent des communautés de centres de formation (au sens large) dans leurs régions respectives (Auvergne pour le premier, Rhône-Alpes pour le second) impliqués dans l’accompagnement à l’acquisition des compétences numériques. Dans ces deux collectifs, on réfléchit à l’opportunité d’intégrer ITyPA à une dynamique de formation de formateurs plus globale, pouvant mener -ou pas à une certification reconnue, telle un C2I2E.

Qu’apporterait un tel partenariat, pour ceux qui s’engageraient dans cette dynamique de formation ?

Des échanges avec des responsables de centres de formaiton et EPN membres de Formavia ont fait émerger les avantages suivants :

Participer à ItyPA, c’est :

  • Expérimenter un dispositif de formation en ligne original et valorisant;
  • Acquérir des compétences recherchées permettant de consolider / enrichir son espace d’apprentissage personnel;
  • Se former avec des collègues, mais aussi bénéficier de la formidable diversité des participants à un MOOC;
  • En tant que professionnels de l’accompagnement à l’acquisition d’une culture numérique, élaborer et tester des attitudes et des situations potentiellement utiles dans l’exercice de son métier.

Mettre en place des ateliers de mutualisation et d’échange autour d’ITyPA, cela apporte :

  • Une structuration du temps de l’apprentissage, avec des rendez-vous réguliers;
  • Un surcroît de motivation, grâce à l’environnement social riche;
  • Une visibilité de l’apprentissage en cours, atout précieux pour justifier auprès de sa hiérarchie du temps qui y est consacré;
  • Une mutualisation de ses pratiques d’apprenants et de leur éventuelle exploitation dans les activités professionnelles.

Manifestez-vous !

refuge crépusculeUne bonne partie de ces avantages, identifiés dans une logique d’apprentissage en groupe, se retrouve également au niveau individuel. Aussi souhaitons-nous aujourd’hui proposer trois types de partenariats :

  • Auprès de fédérations, collectifs… d’organisations envisageant d’utiliser ITyPA comme tout ou partie d’un dispositif de formation pour les collaborateurs des organisations membres;
  • Auprès des établissements d’enseignement et de formation souhaitant proposer ITyPA à des groupes d’apprenants (groupes d’adultes en formation, étudiants, etc.);
  • Auprès d’établissements assurant déjà un accompagnement individuel à la maîtrise des outils numériques (nous pensons tout particulièrement aux EPN et aux Campus numériques dans les différents pays membres de l’AUF), volontaires pour accueillir des inscrits à ITyPA en recherche d’appui et de conseils.

Bien entendu, les différents établissements partenaires disposeront d’un espace spécifique sur la plateforme de manière à tirer le meilleur parti de cette expérience, et ils auront toute liberté pour valoriser leur participation au « réseau ITyPA ». Autre avantage majeur, ils auront des facilités pour accéder gratuitement à certaines des certifications proposées dans le cadre d’ITyPA, et qui feront l’objet du billet suivant.

Mais au-delà de ces facilités, ils participeront à une expérience tout à fait originale de « MOOC hybride et en réseau », une forme élaborée d’apprentissage mixte qui semble promise à un bel avenir. Le meilleur moyen de se faire une idée sur le sujet, n’est-ce pas de l’expérimenter ?

Si vous êtes intéressés par un partenariat avec ITyPA / l’utilisation d’ITyPA dans le cadre d’un projet collectif de formation, merci de laisser un commentaire sous ce billet et nous vous contacterons dans les plus brefs délais.

photo credit: girolame via photopin cc

photo credit: boklm via photopin cc

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Le cMooc ou la production de biens communs d’apprentissage

Sur InternetActu, on lira cette semaine un article d’Hubert Guillaud consacré notamment aux Moocs. Il est dommage que seule la perspective nord-américaine soit examinée, mais c’est un défaut récurrent sur InternetActu. Et même dans ce cadre géographique, ce sont les xMoocs qui sont une fois de plus mis à l’honneur et considérés comme les archétypes du Mooc.

Rappelons-le une fois de plus, il faut distinguer deux types de Moocs : les xMooc, qui proposent du contenu tout fait aux apprenants, dans la droite ligne de l’enseignement universitaire classique, et les cMooc, qui autorisent précisément les apprenants à construire eux-mêmes leurs contenus, de trois façons différentes : en sélectionnant leurs sources, en échangeant entre eux dans le cadre d’un dispositif élaboré à cette fin (le cours), et en produisant eux-mêmes.

C’est à ce niveau, celui de la construction personnelle des savoirs imprégnés de savoir-faire (et inversement), que se situe à mon sens l’intérêt des cMooc, à considérer comme une tentative de proposer une forme alternative d’apprentissage. Pas une forme alternative dans l’absolu, puisqu’il s’agit évidemment d’une voie (celle qui privilégie l’autonomie de l’apprenant sur sa capacité de mémorisation et d’imitation) déjà largement empruntée auparavant, mais néanmoins d’une forme renouvelée de cette voie grâce à la valorisation de l’interconnexion des apprenants entre eux et avec les espaces de dépôt et de production des savoirs. L’organisation en réseau a longtemps été le privilège de quelques aristocraties : classes dominantes, résistants à l’ordre établi, organisations parallèles ou secrètes… Cette organisation s’est brusquement répandue à l’ensemble du corps social, notamment dans les organisations de travail, à partir du moment où elle a été rendue accessible à tous via les réseaux numériques. Le prix du ticket d’entrée dans l’organisation en réseau a alors brutalement baissé. Il me semble qu’avec les cMooc, nous assistons et avons désormais la possibilité de devenir acteurs d’un phénomène similaire, cette fois dans le champ éducatif.

Les biens deviennent communs par leur mode de gestion

Les avantages de l’organisation en réseau, particulièrement dans le champ professionnel, sont désormais bien connus. Sans entrer dans le détail de ces avantages, je m’arrêterai sur celui de la production de biens communs : c’est l’organisation-même en réseaux qui autorise la production de ces biens, qui n’ont rien de « communs » au niveau ontologique, mais le deviennent de par leur mode de gestion (voir à ce propos ce remarquable article de Christian Laval : La nouvelle économie politique des communs : apports et limites).

Je fais l’hypothèse que le cMooc, bâti sur un principe de collaboration bienveillante qui n’exclut pas la production individuelle mais au contraire la nourrit, est en capacité de participer à la production non seulement de biens communs du savoir, mais aussi et surtout de biens communs de l’apprentissage. La différence peut paraître subtile, elle est pourtant essentielle, pour ce qui est du renouvellement des pratiques pédagogiques / andragogiques; ceci, dans la mesure où la mutualisation des stratégies d’apprentissage (les productions individuelles ou collectives devant là être comprises comme des traces et illustrations de ces stratégies) modifient l’apprentissage lui-même, et celui qui le vit. Le cMooc représente donc à mes yeux une manière d’apprendre à apprendre, sans que cet objectif réfère à une quelconque norme externe aux apprenants. Apprendre à apprendre, dans le cadre d’un cMooc, consiste à forger ses propres stratégies d’apprentissage en s’enrichissant de celles des autres, autrement dit à mettre en oeuvre le principe d’application de la plus petite action possible pour produire le plus grand résultat. C’est à ce niveau que le cMooc a une valeur économique : il ambitionne d’optimiser l’effort nécessaire à l’apprentissage (effort intellectuel, monétaire, de déplacement, d’occupation de l’espace…), en apportant les sources, les interactions et les outils de production jusqu’à l’apprenant, dans un dispositif expressément identifié comme dédié à cette activité.

Et de la même façon que travailler en réseau s’apprend , apprendre en réseau s’apprend aussi. J’ai noté à plusieurs reprises l’effort demandé aux participants à un cMooc et à ses animateurs pour adapter leurs pratiques à ce nouveau contexte. Le ticket d’entrée peut sembler élevé actuellement, car le dispositif est encore extrêmement nouveau. On peut espérer qu’il baisse à mesure que les cMooc se développeront et se diffuseront.

Photo : http://www.flickr.com/photos/gadl/2915449623/


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Le Mooc ITyPA, c’est un trou dans le mur

Je me suis demandé à plusieurs reprises pourquoi je m’étais lancée dans l’aventure du Mooc ITyPA. Remarquez, il vaut mieux que j’aie de solides raisons de le faire, compte-tenu du travail que cela me demande, comme à mes trois autres collègues.

J’ai trouvé facilement quelques raisons de surface à cet engagement :

– J’ai envie de faire quelque chose de grand.

– J’ai envie de « faire », tout simplement. Je consacre beaucoup de temps à parler sur Thot Cursus de ceux qui font l’éducation de demain, et j’éprouve le besoin de prendre part moi aussi à ce vaste chantier.

– Le Mooc me convient bien. J’ai suivi le Mooc animé par S. Downes et G. Siemens l’an dernier, et j’y ai trouvé d’immenses satisfactions, bien plus grandes que dans tout autre dispositif d’apprentissage. Je suis convaincue que ce format de cours convient à de nombreuses personnes.

Mais c’est ce matin seulement que j’ai identifié mon intérêt fondamental pour le Mooc, qui a généré ce sentiment d’urgence ressenti lorsque l’opportunité s’est présentée, sous la forme d’un message de Jean-Marie Gilliot sur Twitter, d’en monter un pour les francophones.

Le déclic fut cette vidéo.

On y voit la personne que j’admire le plus, dans l’univers de l’éducation et de la formation, à savoir Sugata Mitra.

Sugata Mitra est l’auteur de l’expérience qu’il a appelée « Un trou dans le mur« . Sans entrer dans les détails, disons que Mitra a installé un ordinateur dans un mur, un banc devant, et il a attendu que des enfants viennent s’asseoir. Et il a vu que ces enfants cherchaient à comprendre ce qu’ils voyaient, qu’ils coopéraient pour en savoir plus.

A partir de cette expérience, Sugata Mitra a développé une approche pédagogique qui vise à développer l’autonomie et la créativité des apprenants. Il a adapté au Royaume-Uni ce qu’il avait créé chez lui, en Inde.

Si on établit une analogie entre le mur de Mitra et Internet (qui se présente bien comme un mur fort difficile à franchir pour de très nombreux individus), disons que le Mooc est une sorte de trou dans ce mur. Le programme de cours est préparé, mais rien n’adviendra sans l’activité des apprenants. Le programme seul ne peut rien. Il ne prend vie que si des personnes s’en emparent, le développent, le transforment, à des fins personnelles. Mais pas tout seuls : Mitra souligne que l’apprentissage s’effectue par le biais des interactions réalisées dans les petits groupes d’apprenants. J’espère ardemment, pour avoir vécu cette situaiton avec un grand bonheur lorsque je suivais moi-même un Mooc, que tous les participants au Mooc ITyPA qui le souhaitent trouveront dans la communauté les personnes qui lui permettront de pousser la réflexion aussi loin que nécessaire, dans la direction souhaitée.

En effaçant la classe, en faisant disparaître l’enseignant de l’environnement immédiat des enfants, Mitra a effectué un changement considérable dans le paysage éducatif. Il n’a absolument pas renoncé à enseigner ni à accompagner les apprentissages, mais il n’a pas hésité à modifier les fondamentaux que l’on croyait gravés dans le marbre, alors qu’ils ne relèvent que d’une tradition finalement pas si ancienne.

Alors, quand j’entends que les Mooc souffrent d’un « déficit d’ingénierie pédagogique », je m’irrite. Puis je souris. Je crois fermement que les Moocs représentent la même rupture pédagogique que le trou dans le mur, adaptée à l’écosystème numérique dans lequel nous évoluons. Pour s’en rendre compte, il ne faut pas, comme disait Jean Genêt, s’obstiner à regarder en haut à droite, quand ce qui est voir se trouve en bas à gauche.

Je suis fière de préparer et animer un Mooc, avec Jean-Marie, Anne-Céline et Morgan. Et près de 600 personnes à l’heure ou je vous parle.