ITyPA, un Mooc vu dans les coulisses

ou comment s'est monté ce Mooc


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ITyPA, le bilan

bilanCette fois, nous voyons le bout de l’aventure ou du moins, de cette phase de l’aventure. Anne-Céline est encore en train de se débattre avec les dossiers d’attestation de badges qui n’ont pas été générés par Moodle comme nous l’aurions souhaité. Toutes nos excuses à ceux qui les attendent, ce n’est plus qu’une question de jours !

Nous en avons tellement bavé avec la technique. Ca a assombri notre expérience de la deuxième saison. Heureusement, il y a eu d’excellentes surprises à d’autres niveaux. De tout ça, nous avons tiré un bilan lors d’un week end cocoon chez Simon, à Nantes, voici quelques semaines. Nous avons réalisé collectivement une mindmap qui demande encore quelques compléments, mais l’essentiel est là.

Vous constaterez que nous partageons un bilan mais que nous ne voulons en aucun cas modéliser une démarche du genre « Les 10 étapes pour réaliser un MOOC connectiviste ». Foolish idea, à ce niveau d’immaturité des MOOCs ! Nous nous étions situés dès le départ dans une perspective expérimentale. Nous avons expérimenté, et nous avons compris un tas de choses que nous partageons avec vous. Emparez-vous-en si vous le souhaitez, rien n’est figé. Tout apprentissage passe par une appropriation et une transformation.

Et nous, que devient-on ? ITyPA « historiques » ou ITyPA « nouvelle génération », nous restons unis par de profonds liens d’amitiés. Nous avons relevé le défi d’ITyPA ensemble, ça marque. Et si nous avons pu relever ce défi, c’est parce que les 3 principaux facteurs de succès dans ce genre d’entreprise hasardeuse (selon l’article de Denys Lamontagne publié aujourd’hui dans Thot) étaient réunis :

– Une certaine familiarité avec le sujet; nous suivions l’actualité du MOOC depuis un bon bout de temps et étions tous familiers de l’utilisation des outils numériques pour apprendre;

– La liberté et la confiance. Nous n’avons rien demandé à personne, ce qui nous a rendu incroyablement libres, car légers. Nous avions la confiance de nos institutions, et bien sûr confiance les uns dans les autres.

– L’encouragement. Notre initiative a immédiatement été bien accueillie et même devant les difficultés, le capital de sympathie est resté important. Nous avons évolué dans un environnement bienveillant.

Nous allons maintenant nous séparer, vivre des aventures diverses, sans nous perdre de vue. Nous adorons partager et nous nous enrichissons mutuellement, c’est le constat récurrent de nos trop rares rencontres.

Simon est le champion de cette année : il reprend ITyPA, il sera l’artisan de la troisième saison, en 2014 !

Anne-Céline va réaliser des MOOCs à l’Université de Nantes;

Jean-Marie est l’une des chevilles ouvrières de FUN, des MOOCs à l’Institut  Mines-Télécom, j’en oublie  tellement il fait de choses :-). Il prépare également un beau portail de mutualisation des expériences francophones de MOOCs ;

Morgan s’est replongé dans la recherche et prépare un plan MOOC pour son école;

Christine se passionne depuis quelques temps pour les COOCs, eh oui, on dit ça aussi, les MOOCs « corporate », les MOOCs d’entreprises, du moins de ceux qui mettent en valeur l’énorme capital de savoirs, de savoir-faire et d’enthousiasme de leurs collaborateurs, qui réinventent des modes de collaboration internes et avec l’extérieur.

Anne et Pierre-Yves, qui nous ont apporté un soutien essentiel cette année, restent ultra-motivés sur les expériences collectives d’apprentissage et leur médiatisation.

Nous saluons et remercions tous ceux qui nous ont suivi dans l’aventure d’ITyPA sur ces deux années. Nous avons vécu une aventure exceptionnelle.

Et voilà le bilan : http://www.mindmeister.com/369360736/bilan-itypa

photo : c@rljones via photopin cc


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ITyPA, saison 2

Eh bien voilà, nous nous sommes décidés et déjà mis au travail : nous organisons une nouvelle saison d’ITyPA.

C’est évidemment la suite de la saison 1: vous y retrouverez des têtes connues, des intrigues déjà abordées dans les premiers épisodes mains pas encore résolues, un ton et des plans familiers.

Mais cette saison sera également, et heureusement , riche en rebondissements : badges, clubs, ateliers et nouvelles guest stars entretiendront le suspens tout au long des 10 semaines !

D’ici quelques jours, nous ouvrirons la page d’inscription et nous vous donnerons des précisions sur le scénario choisi…

À très bientôt !

Anne-Céline, Christine, Jean-Marie et Morgan

ITyPA saison 2, du 10/10 au 12/12

 

 


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ITyPA, La routine ?

On a vu apparaître la semaine dernière plusieurs articles de participants qui se posent des question sur la persistance de leur engagement, sur la continuité de leurs apprentissages avec des titres évocateurs (il en est où mon blog ?, De la chrysalide de l’information au papillon du savoir, L’individu est-il soluble dans le collectif ?). En général, c’est pour mieux rebondir puisque c’est l’introduction d’un nouvel article. Mais le phénomène est bien là, on rentre dans une routine.

Ceux qui écrivent ces billets font part soit d’une lassitude, soit d’un changement de type d’activité en explorant des démarches plus participatives, des modalités différentes qu’ils s’imposent. Reste que ceux qui n’ont pas ce courage marquent sans doute la pause.

Routine qui se trouve être dans les gènes même du cours, puisque chaque semaine on aborde un nouveau sujet, qui s’il est dans la continuité de la problématique et s’il correspond bien à une dimension plus « avancée » est bien présenté de manière répétitive. Sur une telle durée, il faudrait sans doute des trucs pour renouveler l’intérêt de la communauté, sous peine de la voir fondre progressivement. Cette fonte progressive est le lot de toutes les formations en ligne, il y a donc un vrai enjeu à identifier des « trucs » qui permettent aux participants de revenir, de se raccrocher, de se remotiver.

L’idée de capitalisation est une activité nouvelle, cohérente avec les étapes actuelles, plus sociales, mais ce n’est pas vraiment une étape de relance.

Routine, qui me semble-t-il est également apparue chez les animateurs. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, il n’y a pas de baisse de motivation. Simplement, le MOOC est devenu une activité quotidienne. Chacun assure sa tâche, relance les échanges, mais l’excitation du démarrage est passée , le niveau de « noyage » est devenu normal. Finalement, ITyPA devient un cours normal, avec ses imperfections, sa routine, ses moments d’échanges passionnants.

 

Crédit photo ; This Routine is Hell @ Kabaal am Gemaal 2009 par Clownhouse III licence CC-by


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Écrire, disent-ils

Une des premières consignes que nous avons données aux participants sur ITYPA fut d’ouvrir un blog. Et nous avons réalisé ensuite que cette démarche n’avait rien d’évident,  ni même d’attirant, pour nombre d’entre eux. Avec cette injonction, nous avions un double objectif :

– A court terme, que les participants laissent des traces de leurs apprentissages en cours. Dans la mesure où il s’agit d’une démarche d’apprentissage par l’action, il nous semblait naturel de passer par la création d’un espace de publication rendant compte des réflexions, échanges, acquis, etc. au fil des semaines.

– A moyen terme, que les participants investissent l’espace public du web, non seulement comme consommateurs, mais aussi comme producteurs, sur les sujets qui les passionnent.

Dans les deux cas, la démarche nous semblait non seulement cohérente mais aussi quasiment incontournable dans l’optique de la construction ou du renforcement d’un espace d’apprentissage personnel. Apprendre en effet est à nos yeux une démarche d’appropriation des apports par leur transformation et leur intégration à des productions personnelles. Nous avons donc demandé aux participants de s’engager dans la rédaction de billets de blogs, ces derniers témoignant à la fois de l’apprentissage actif en cours et enrichissant la somme globale de connaissances disponibles sur le web.

Écrire pour laisser des traces de son apprentissage

Ayant nous-mêmes déjà accompli cette démarche avec plus ou moins d’intensité et de diversité dans nos propres publications, nous avons totalement sous-estimé les réserves de nombreuses personnes face à l’acte de publication en ligne, accessible à tous. Certes, une centaine de participants au Mooc ITYPA (et ce nombre continue de croître) se sont lancés dans la rédaction de billets de blog à l’occasion de ce cours. Certains d’entre eux avaient déjà une longue habitude de la publication en ligne. D’autres ont découvert cette activité avec ITYPA. Nous ne les remercierons jamais assez d’avoir joué le jeu avec nous (le présent espace de publication des animateurs étant à considérer comme le pendant de ceux qu’ont ouverts les participants) et de nous donner à voir la progression de leurs apprentissages.

Mais beaucoup de participants ne se sont pas lancés dans l’aventure de la publication ouverte à tous. Et nous ne saurions les en blâmer. Car l’ouverture d’un blog et la rédaction régulière de billets n’ont pas été présentées comme ce qu’elles sont réellement (des traces visibles de l’apprentissage en cours), mais interprétées comme un « standard » d’internaute performant. Ce qui est faux.

Bien sûr, l’écrit est omniprésent sur le web. Quand je pense que voici quelques années encore, certains prédisaient qu’Internet allait tuer l’écriture et la lecture ! Quelle erreur !

Bien sûr également, l’activité méta-réflexive est un puissant accélérateur de l’apprentissage. La rédaction est un moyen intéressant de garder des traces de cette méta-réflexion.

Écrire : pas n’importe où, et pas obligatoirement

Mais face à ces constats, nous en faisons actuellement beaucoup d’autres, qui méritent d’être repris ici.

– Certaines personnes ne sont pas du tout à l’aise avec l’exposition publique sur le web. Nous avons eu dans le cadre d’ITYPA de fort intéressantes discussions sur l’e-réputation et l’identité numérique. Clairement, ces personnes estiment qu’apprendre à bâtir un espace d’apprentissage personnel ne doit pas les contraindre à faire quelque chose avec lequel elles ne sont pas à l’aise, à savoir tenir le journal public de leurs apprentissages. Ces personnes en revanche contribuent volontiers aux forums proposés sur le site du cours. ce qui montre bien que ce n’est pas le fait d’écrire en ligne qui pose question, mais le fait d’écrire publiquement.

– Certaines personnes estiment n’avoir rien d’intéressant à dire. Pourquoi pas ? Le web regorge en effet de publications peu intéressantes, qui ne témoignent que du narcissisme de leurs auteurs, voire d’un goût plutôt malsain de l’exhibitionnisme. Ce n’est donc pas la peine d’en rajouter une couche et si on n’a pas encore trouvé ce qui, dans ses propres expériences d’apprentissage, mérite d’être partagé, le choix de se taire est plutôt à saluer qu’à critiquer.

– Certaines personnes préfèrent commenter les  billets des autres plutôt qu’écrire les leurs. Oui, bien sûr, le commentaire est un élément crucial de la publication en ligne, et la somme des commentaires sous un billet enrichit considérablement la production initiale.

– Certaines personnes n’aiment pas écrire. Pourquoi alors demander cet effort supplémentaire dans un dispositif d’apprentissage qui a l’ambition d’être très ouvert dans les rythmes et les modalités d’apprentissage, mais aussi dans les témoignages de ces apprentissages, dans leurs traces ?

Et puis, cette injonction à la rédaction publique dès la première semaine a provoqué un effet inattendu : nombre de participants ont oublié le sujet du cours (construire son espace d’apprentissage personnel) et se concentrent exclusivement sur « l’apprendre à apprendre », la manière dont ils comprennent chacun des sujets abordés dans le cours et dont ils apprécient ce nouveau dispositif de cours (le format Mooc). Ce qui est certes important, mais ne devait pas à mes yeux du moins phagocyter toute la production écrite des participants : j’ai vu très, très peu de publications sur les sujets que les participants souhaitent approfondir, justement en construisant ou en renforçant leur espace d’apprentissage. Je m’attendais à voir se constituer des espaces ressources sur des sujets aussi variés que la planche à voile, le dessin, l’économie des pays d’Afrique sub-saharienne, que sais-je encore, bref, sur une foule de thématiques qui toutes auraient profité des habiletés méthodologiques acquises par leurs « curateurs » au travers du Mooc.

Propositions pour un prochain Mooc

Le phénomène est tellement flagrant qu’il trouve nécessairement sa cause dans ce que nous, animateurs, avons mis en place en matière de consignes et de structuration du cours. En fait, nous avons très maladroitement présenté les attendus et objectifs du cours. Si c’était à refaire (et ça le sera, très certainement), voilà ce que je dirais aujourd’hui :

– Voici un cours méthodologique qui vous invite à réfléchir sur vos propres stratégies de prise en charge de votre formation avec les outils numériques, et à vous faire expérimenter la construction d’un environnement d’apprentissage personnel sur le sujet de votre choix.

– Pour construire cet environnement, vous développerez des compétences et habiletés spécifiques qui vous permettront de tirer le meilleur parti de la recherche documentaire, de l’apprentissage en groupe, de l’utilisation des réseaux sociaux pour apprendre, etc.

– Vous êtes libres de suivre le cours à votre rythme, d’explorer la totalité ou une partie seulement des sujets proposés. En revanche, le dispositif d’apprentissage mis en place s’appuie sur deux éléments essentiels :

– Les échanges entre les participants, qui stimulent la réflexion de chacun, permettent de dépasser des difficultés ponctuelles, fournissent une rétroaction sur les productions… Vous êtes donc vivement invité à participer à ces échanges, par le biais des forums et dans les espaces de production mis en place par chacun.

– Les traces visibles de la progression de votre apprentissage, et donc de la mise en place de votre environnement d’apprentissage personnel. Vous n’aurez pas de « devoirs à rendre » ou d’exercices à faire, mais nous vous demandons en revanche de nous indiquer l’espace dans lequel vous partagerez vos découvertes, questionnements, prises de position… à la fois sur votre apprentissage et sur le sujet que vous souhaitez approfondir.

Et je proposerais :

– Les forums du site du cours pour les traces de l’apprentissage;

– L’espace public du web pour les écosystèmes sur les sujets intéressant les participants.

Au centre de cet écosystème, il pourrait y avoir un blog effectivement, un espace de curation (Scoop It, Pearltrees, ou autre), un site de signets, un réseau social… l’essentiel étant de montrer comment cet élément principal est relié et alimenté par les autres.

Ce dispositif me semblerait plus respectueux des particularités et choix de chacun. Et en définitive, il augmenterait effectivement la somme et l’organisation des connaissances disponibles sur une foule de sujets, grâce à des espaces ouverts à tous, mais permettrait à ceux qui n’ont tout simplement pas envie de partager leur processus d’apprentissage avec la terre entière de le faire avec leurs pairs, dans un espace dédié.

Et pourquoi pas dès maintenant ?

Au fait. Il n’est sans doute pas trop tard. J’invite tous ceux qui n’ont pas encore ouvert d’espace public à le faire, non en traitant du Mooc ou de la manière dont ils apprennent, mais sur ce qui les passionne : les abeilles, les gâteaux au chocolat, la diplomatie, le développement durable… En n’oubliant pas de nous communiquer les fils RSS de tout ça, pour que nous ayons le plaisir de profiter au mieux de tout ce que vous aurez ainsi préparé. Et je salue ceux qui ont déjà ouvert de tels espaces. Cherchez bien, vous les trouverez !

Photo : http://www.flickr.com/photos/totordenamur/4779973311/


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Et si l’ouverture était un frein à l’accès ?

C’est une vraie question qui nous taraude depuis bien avant le démarrage du MOOC. Nous, ce sont bien évidemment les animateurs du MOOC ITyPA.

Est ce que ce cours touche uniquement les gens déjà instruits ?

Est ce que les présentations bienveillantes de tous ces enseignants, directeurs de formation et autres ingénieurs pédagogiques ont impressionné les débutants ? C’est possible. C’était de toutes façons une des difficultés de s’annoncer comme premier MOOC francophone, et comme première manifestation connectiviste.

Comment se rendre visible du plus grand nombre d’utilisateurs du web ?

Nous avons essayé de faire de la publicité sur ce MOOC. Nous y sommes arrivés en partie, puisque nous avons plus de 1100 inscrits. Mais nous n’avons pas touché le grand public. Défaut de canal de diffusion sans doute, mais aussi difficulté d’accrocher les personnes en dehors du système. Il reste un travail à faire pour populariser ce genre de démarche.

Est-ce que le ticket d’entrée pour participer est trop haut ?

Nous avions prévu une semaine complète pour laisser les participants prendre la mesure de ce qui les attendaient, ce qui a suscité beaucoup d’échanges qui ont permis à nombre d’entre eux de se rassurer, et de construire une ébauche de communauté.

Certains ont d’ailleurs trouvé ce temps trop long, confondant temps appropriation et lenteur, en ayant l’impression que ce cours ne visait qu’à apprendre à utiliser un blog.

Nous avons conscience que la modalité retenue (le connectivisme) est en rupture avec les usages habituels. Nous l’avons conservé car il nous semblait important de montrer que c’est possible, et que cela nous semblait en phase avec le but du cours : Internet, Tout y est Pour Apprendre.

Mais combien n’ont pas su, pas pris le temps, pas osé, pas voulu prendre ce temps d’appropriation. Difficile à dire surtout que les statistiques de ces cours ouverts montrent des taux d’abandon énormes. Comment accompagner ceux qui n’ont pas fait le premier pas ? Faudrait-il des espaces physiques de médiation, de type espaces publics numériques ou des campus universitaires ? Saurons-nous faire démarrer ceux qui n’ont pas démarré le premier jour ? Nous comptons sur la communauté (nous n’en sommes que 4 représentants) pour savoir accueillir ceux qui se manifesteront. Nous avons également organisé les vidéos hebdomadaires pour créer un rendez-vous, pour donner un rythme au cours. Nous verrons également avec les élèves de nos institutions (Centrale Nantes et Télécom Bretagne) si le fait de pouvoir faire des réunions physiques ou en discuter au détour d’un couloir améliore l’implication.

Comment convaincre ceux qui ont peur de s’inscrire dans une démarche de production sur le web ?

Ça c’est un combat qui nous dépasse, mais dont nous ressentons pleinement les effets dans les débats entre participants. Après avoir lu beaucoup d’échanges sur le sujet, et évoqué la question lors de notre second rendez-vous, j’ai posé un article sur le sujet sur mon blog : Tout ce que j’écrirai pourra être retenu en ma faveur. Le premier commentaire, même (et surtout) s’il est extrême, montre bien les freins qui sont dans les esprits de certains. En tout cas l’ouverture est ici potentiellement un vrai frein pour démarrer la formation.

À toutes ces questions, il sera sans doute difficile d’amener des questions définitives. Mais il faudra progresser dans nos réponses, si nous voulons développer plus avant une telle formule.
En attendant, notre MOOC aura, nous l’espérons, contribué à convaincre quelques uns, peut être pas autant qu’on pourrait l’espérer, que le web est un formidable outil pour apprendre. Si parmi ceux-ci il y a un nombre notable de formateurs, l’effet en sera sans doute plus important. On fera le point en décembre, avec ceux qui seront là pour la séance de clôture.

 

Crédit photo : Viaduc de Limours, dans son écrin de verdure par christian.parreira licence CC-by-nd

 


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Faire un MOOC dans son garage

…Ou dans son salon

Quand on se lance dans l’organisation d’un MOOC se pose rapidement la question de l’infrastructure d’accueil. La question n’est pas encore réglée au niveau des universités, car elle pose des problèmes d’infrastructure (ouvrir son ENT ou adopter une autre plateforme) couplé avec des questions stratégiques (par exemple, faut-il rejoindre une initiative américaine, développer une offre indépendante ou construire un partenariat).

Dans le cas de ITyPA, nous avons abordé la question différemment. Pour le comprendre, il est nécessaire de revenir sur le contexte de notre montage. Nous voulions monter une initiative à quelques uns, issus d’horizons différents. Du coup, il nous fallait trouver une infrastructure indépendante, que nous avons voulu neutre (après avoir évoqué la wikiversité, la P2PU …), et le plus simple possible.

Bien sûr, pour échanger entre nous, nous avons utilisé skype et des googles docs, qui permettent de travailler de manière efficace. Pour changer de skype, nous avons aussi utilisé les bulles de Google+. Nous ne nous sommes pas rencontrés physiquement une seule fois pendant le montage du MOOC.  Je pense même qu’aucun de nous ne peut dire qu’il a rencontré les 3 autres physiquement une fois dans sa vie.

Question donc, comment monter un environnement à coût minimal ? Finalement, nous avons opté pour un hébergement mutualisé (il y en a plein, nous avons choisi l’un d’eux). Cela nous a permis de disposer d’un nom de domaine sympa (mooc.fr), d’installer en quelques clicks une plate-forme libre (un CMS de type Drupal) et de disposer de listes de mails.

Deuxième élément, il nous fallait la possibilité de diffuser une réunion en ligne, et de l’enregistrer pour qu’elle soit disponible ultérieurement. Nous avons exploré plusieurs solutions (et notamment des systèmes dits de classe virtuelle). Nous avons finalement opté pour la solution des bulles, ou hangouts, de Google qui permet de regrouper jusqu’à 10 intervenants, de partager leurs écrans, de diffuser en direct sur une chaîne vidéo, et de rendre l’enregistrement disponible directement au même endroit après la réunion, et ce sans gestion technique spécifique. Certes la solution n’est pas libre, mais tellement adaptée à notre cahier des charges.

Dernier élément technique, un flux RSS pour pouvoir remonter tout ce qui se passe sur la toile, et plus particulièrement sur les blogs des participants. Pour le premier, nous avons retenu une solution très simple, les Yahoo Pipes, qui permet de construire un petit script graphiquement pour regrouper des flux (le nôtre est ici). Pour le second, nous sommes encore en train de voir ce qui sera le plus facile entre un google reader, l’agrégateur intégré dans Drupal, ou un Pipe dédié. On verra pendant la montée en charge.

Pour pouvoir témoigner sur nos réflexions sur le montage d’un tel cours, nous avons ouvert un blog gratuit sur wordpress.com. Nous avons également ouvert un wikilivre que chacun pourra alimenter pour savoir comment construire son MOOC : le guide du MOOC.

Et c’est tout.

Coût total : un hébergement (quelques euros)  qui aurait pu être évité en utilisant une approche libre. Donc, oui on peut monter son MOOC dans son garage.

Vous l’avez compris, nous avons abordé ce MOOC avec une approche de bricolage, dans la grande tradition du web. Nous verrons si cela marche bien, et de combien de rouleaux de chatterton nous aurons besoin.

En tout cas, cela nous paraît cohérent avec une approche distribuée d’un tel cours, tirant parti du web autant qu’il est possible, et incitant chaque participant à construire par lui-même son propre environnement d’apprentissage tant celui proposé par défaut est minimal.

Mais comme dans tout garage, il faut de l’huile de coude et des amis : pour définir le sujet, le déroulement, pour trouver des intervenants, pour saisir tout cela, pour faire la promotion, accueillir les participants, assurer l’animation, se montrer sur youtube …

Mais de cela nous reparlerons sans doute dans un autre billet.

 

Crédit photo: TodaysArt 2008 – 16n _ ƒ5³ par Haags Uitburo licence CC-by-nc-sa